Les inquiétudes prémonitoires d’Alexis de Tocqueville Pourquoi ML2D permet d’éviter le « despotisme doux »

Alexis de Tocqueville était sans doute la personne la plus perspicace dans la compréhension de la nature de la démocratie et de la manière dont la liberté a dérivé vers l’égalité.
Tocqueville soulignait les bonnes choses apportées par la démocratie mais avait de grandes inquiétudes quant à son évolution probable. Il pensait qu’elle aurait tendance à évoluer vers un « despotisme doux ».
C’est un despotisme différent des anciens despotismes, une version plus douce et plus souple mais tout aussi liberticide.
C’est un despotisme qui ne tyrannise pas les hommes mais les retreints, qui n’interdit pas mais qui gêne, qui empêche, qui limite.
Il décrivait le despotisme doux comme une multitude d’individus de toute sorte (société multiculturelle ?) tout occupés à des plaisirs banals et insignifiants.
Au-dessus de cela se situerait un immense état protecteur qui guiderait tout ce que nous faisons, régulerait nos industries et diviserait nos héritages.
Tocqueville s’inquiétait que l’homme se transforme en mouton et suive le berger, que nous perdions le sens de ce que veut dire être libre.
Il pensait que la démocratie était une étape transitoire vers le « despotisme doux » serions-nous en passe d’arriver à la fin de cette étape transitoire ?

Il voyait trois choses importantes qui pourraient stopper ce mouvement vers le despotisme doux :


La politique locale : parce que pour éviter la centralisation, il faut un régime fédéral avec des régimes politiques locaux ou les gens s’impliquent dans ce qui se passe au niveau de leur communauté. C’est très important car cela permet de stopper le « mauvais individualisme » qui est l’indifférence à la détresse d’autrui. C’est pour cela que le confédéralisme et la démocratie directe sont au cœur du programme de ML2D !

Les corps intermédiaires : Ce sont des institutions privées et volontaires dans lesquelles les gens s’associent, particulièrement dans l’action philanthropique (charité privée, sociétés de secours mutuels…). Il ne s’agit pas d’un prolongement de l’État mais bien d’un système qui permet de se passer de l’État dans bien des domaines et permet donc de limiter le développement continu de celui-ci. Ces institutions intermédiaires peuvent prendre différentes formes (écoles et universités privées, rotary clubs, œuvres caritatives…) Ces organisations permettent de « faire »c’est ainsi que se créent les liens les plus solides entre les individus. Sans ces institutions intermédiaires, les individus sont « atomisés » c’est-à-dire sans liens entre eux…ils sont uniquement reliés à l’État ! (l’État providence…) C’est pour cela que ML2D veut recentrer l’État sur le régalien, soutient le bon d’éducation et le salaire complet !

La religion, ce qui signifiait pour Tocqueville une morale commune, c’est-à-dire un code moral commun : Il ne peut pas y avoir de société libre sans un code moral commun. Tocqueville disait que si l’individu perd l’idée fixe de Dieu ou son sens de la religion, son esprit devient confus. Il ne serait pas capable de répondre aux questions les plus importantes de la vie et préparerait son âme à l’esclavage. Sans la religion, sans une société civile riche et vigoureuse et sans la politique locale alors c’est la porte ouverte au despotisme doux avec comme risque de voir le despotisme doux se durcir. Le respect absolu du droit naturel est au centre du programme de ML2D. Les droits naturels sont donnés par Dieu (si vous êtes croyant) ou par la nature humaine (si vous ne l’êtes pas…), ils préexistent avant l’invention de l’État et ne peuvent donc pas être piétinés par le gouvernement puisque c’est justement la mission légitime de l’État que de protéger le droit naturel des individus. Les droits naturels sont : la liberté, la propriété, la personnalité (Frédéric Bastiat). Pour ML2D le respect inconditionnel du droit naturel d’autrui est le code moral commun minimal qui permet une vie harmonieuse dans une France libre. Les droits naturels sont individuels, ce sont ces droits qui permettent aux individus d’avoir raison face au groupe (il limite la loi du plus fort) c’est le « bon individualisme ».

ML2D est le seul parti politique actuel (à notre connaissance) qui apporte des solutions réalistes et pragmatiques (et à l’efficacité prouvée…) aux inquiétudes prémonitoires d’Alexis de Tocqueville !
Le despotisme doux (ou despotisme bureaucratique) agit à la façon de murs invisibles qui se resserrent autour de vous et vous étouffent lentement.

Avec ML2D repoussez les murs !

Extraits choisis de son célèbre ouvrage « de la démocratie en Amérique »

 «  Je ne sais que deux manières de faire régner l’égalité dans le monde politique : il faut donner des droits à chaque citoyen, ou n’en donner à personne.
    Pour les peuples qui sont parvenus au même état social que les Anglo-Américains, il est donc très difficile d’apercevoir un terme moyen entre la souveraineté de tous et le pouvoir absolu d’un seul.
    Il ne faut point se dissimuler que l’état social que je viens de décrire ne se prête presque aussi facilement à l’une et à l’autre de ses deux conséquences.
    Il y a en effet une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands ; mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté. Ce n’est pas que les peuples dont l’état social est démocratique méprisent naturellement la liberté ; ils ont au contraire un goût instinctif pour elle. Mais la liberté n’est pas l’objet principal et continu de leur désir ; ce qu’ils aiment d’un amour éternel c’est l’égalité ; ils s’élancent vers la liberté par impulsion rapide et par efforts soudains, et, s’ils manquent le but, ils se résignent ; mais rien ne saurait les satisfaire sans l’égalité, et ils consentiraient plutôt à périr qu’à la perdre.
  D’un autre côté, quand les citoyens sont tous à peu près égaux, il leur devient difficile de défendre leur indépendance contre les agressions du pouvoir. Aucun d’entre eux n’étant assez fort pour lutter seul avec avantage, il n’y a que la combinaison des forces de tous qui puisse garantir la liberté. Or, une pareille combinaison ne se rencontre pas toujours.
  Les peuples peuvent donc tirer deux grandes conséquences politiques du même état social : ces conséquences diffèrent prodigieusement entre elles, mais elles sortent toutes deux du même fait »
                    
 
 
« Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté; livrés à eux-mêmes, ils la cherchent, ils l’aiment, et ils ne voient qu’avec douleur qu’on les en écarte. Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible; ils veulent l’égalité dans la liberté, et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. Ils souffriront la pauvreté, l’asservissement, la barbarie, mais ils ne souffriront pas l’aristocratie »
          
 
 
 
   « Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
   Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?
   C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
   Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.
   J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques- unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple.
   Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’il ont eux- mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.
   Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.
   Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.
 Je ne nierai pas cependant qu’une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d’un homme ou d’un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.
   Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l’oppression qu’il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu’on le gêne et qu’on le réduit à l’impuissance, peut encore se figurer qu’en obéissant il ne se soumet qu’à lui-même, et que c’est à l’une de ses volontés qu’il sacrifie toutes les autres.
   Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d’elle, les forces et les droits qu’on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l’Etat, mais profitent à l’Etat lui- même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu’ils ont fait au public de leur indépendance.
   Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c’est donc diminuer le mal que l’extrême centralisation peut produire, mais ce n’est pas le détruire.
   Je vois bien que, de cette manière, on conserve l’intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L’on oublie que c’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu’on pût jamais être assuré de l’une sans posséder l’autre.
   La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l’usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l’obéissance, qui n’est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n’empêchera pas qu’ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes, et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité.
   J’ajoute qu’ils deviendront bientôt incapables d’exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu’ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s’agit-il du gouvernement de tout l’Etat, ils confient à ces citoyens d’ immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d’élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s’étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu’ils remarquent ne tenait pas à la constitution du pays bien plus qu’à celle du corps électoral.
   Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d’un peuple de serviteurs.
   Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m’a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s’étendre aux pieds d’un seul maître ».

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